samedi 16 mai 2009

Persépolis

Aller en Iran sans aller voir Persepolis, c'est un peu comme aller à Rome sans voir le Colisée. C'est un incontournable et vu le nombre de touristes présents sur le site antique, on peut dire que personne n'y échappe. La construction de Persepolis aurait commencé en 581 avant JC, sous l'impulsion de Darius Le Grand, sous la dynastie des Achaménides.



L'entrée monumentale de Persepolis: la porte de toutes les nations
The Grand entry gate of Persepolis: the gate of all nations


Dès notre arrivée à Shiraz, nous avons donc réserver notre taxi pour aller faire un tour pour voir la merveille.

Et bien, il s'est avéré que c'était assez décevant. Il ne reste presque plus rien du site antique. Il faut énormement d'imagination pour réaliser ce que pouvait être un tel palais à l'époque.

Une vue depuis la tombe de Artaxerxes II

A view from the tomb of Artaxerxes II



Pour ceux qui comme moi, ont parfois l'imagination qui leur fait défaut, le site Internet http://www.persepolis3d.com/ présente une reconstitution en trois dimensions de l'édifice.

Quelques colonnes qui se battent en duel, des morceaux de portiques, des bouts de statues monumentales, c'est tout ce qui reste. La plupart des endroits sont inaccessibles au public afin de les préserver. Vu le nombre de gens qui passent tous les jours, ça se comprend, même si c'est assez frustrant quand on est sur place.




Les restes des colonnes du palais d'Apadana

The remnants of the Apadana Palace's columns


La pièce maîtresse du site, c'est un magnifique bas-relief extremement bien conservé. Il est vraiment très beau et représente des soldats, la guarde impériale et des délégations de 23 peuples venues présenter leur hommage au roi.






Détail du bas-relief du l'escalier d'Apadana

Detail of the bas-reliefs of the Apadana staircase



J'ai bien aimé aussi le petit musée recréé à l'intérieur, qui présente quelques pièces qui ont été trouvées sur le site.
Par contre, il y a beaucoup de progrès à faire pour la mise en valeur de ce patrimoine. Il y a des bouts d'échaffaudage partout dont on ne sait pas trop à quoi ils servent. Le grand "hangar" en tôle ondulée qui protège le bas-relief de l'escalier d'Apadana est une verrue sur le site.
Je dirai donc qu'il faut aller voir Persepolis parce que c'est un ensemble archéologique important de l'histoire de l'humanité, qui révèle la grandeur de la Perse antique mais il ne faut surtout pas baser son voyage en Iran là-dessus, la déception serait grande.





Nasqh-e-Rostam

Le déplacement n'a pourtant pas été vain puisqu'à six kilomètres de Persepolis se trouve un site incroyable, dont je ne connaissait pas du tout l'existence: les tombes de pierre de Nasqh-e-Rostam. Quatre ossuaires ont été creusés dans la falaise pour accueillir les reliques des rois achaménides Darius II, Artaxerxes I, Darius I et Xerxes I. Une fois les corps dépouillés par les vautours (souvenez-vous des zoroastriens), ils étaient déposés dans ces tombes monumentales de près de 30 mètres de haut. Plus tard, des bas-reliefs de l'époque Sassanide ont complété l'ensemble. La Kaba Zartosht, un rectangle de pierre bien mystérieux, dédié au culte zoroastrien fait face aux tombes.



In English:


If you go to Iran, the most famous tourist site is Persepolis. The ancient city recalls the splendours of the past of Persia. Unfortunately, there is not much left today and visiting the site is a bit disapointing. You have to have a lot of imagination to understand how grand the empire was at the time. But just a few kilometers further is one of the most impressive ancient site I have ever seen: the Nasqh-e-Rostam. Four giant tombs of the first kings of Persepolis have been dug into an immense cliff. It's really impressive and beautiful.

jeudi 14 mai 2009

Ainsi Parlait Zarathoustra

Saviez-vous que Zarathoustra ( ou Zoroastre) avait vraiment existé? Il est même le créateur d'une religion millénaire, le zoroastrianisme.

Pour en savoir plus : ( en Anglais)


Yazd est un des plus grand centre du zoroastrianisme au monde avec pres de 30.000 zoroastriens dans la ville et les environs. Les sites historiques sont visitables ainsi que ceux qui servent toujours pour le culte aujourd'hui. Les zoroastriens vénèrent les quatre éléments: l'eau, la terre, le feu et l'air. Le feu est particulièrement précieux. Au centre de Yazd, le tenple du feu accueille un brasier qui brêle sans discontinuer depuis plus de 1500 ans, continuellement entretenu par les prêtres.


Le feu sacré
The sacred fire


Autrefois en plein milieu du desert et aujourd'hui ratrappées par la ville, les tours du silence servaient au culte de la mort, jusqu'à l'époque du Shah dans les annees 60, qui a interdit les rituels. Pour les zoroastriens, le corps d'un mort était impur et ne pouvait être enterré pour ne pas salir la terre. Ils ont construit ces tours du silence dans le desert ou les corps étaient déposés pour être dévorés par les vautours. Massoud, un jeune iranien, m'a fait visiter les tours et c'est une vision incroyable.



Tours du silence
Towers of silence



On se croirait sur une autre planète. Apres une ascenscion difficile on se retrouve dans une sorte de cratère géant d'où l'on ne peut voir que le ciel. C'est vraiment une sensation particuliere. Il y avait un orage quand nous sommes montés. Avec le tonnerre et les grosses gouttes d'une pluie du désert, cela créait une ambiance de fin du monde indescriptible.
Nous sommes aussi aller a Chak Chak, un lieu perdu dans le désert montagneux, lieu principal de culte pour les zoroastriens. Un pélerinage a lieu tous les ans au mois de juin dans cette grotte accrochée à la falaise. Quatre gouttes d'eau coulent du mur, on dit que ce sont les larmes d'une princesse prisonnière de la montagne.




In English :
Yazd is the place in the world where there are the most zoroastrians (see link above). The temple of fire, where the fire has been burning for more than 1500 years continuously, the incredible towers of silence and the holy place of Chak Chak tell us that there are other religions than Islam in Iran. I have visited the towers of silence during a thunder storm. This is where the zoroastrians put their Dead until the 60s to be eaten by vultures. I had the most incredible experience up there, where you are surrounded by a wall and can only see the sky.

mardi 12 mai 2009

Prince of Persia

Spéciale dédicace a tous ceux et celles qui ont passer des heures sur le jeu video Prince of Persia. Yazd, c'est la ville du Prince. En plein milieu du désert, construite en boue séchée, on dit ici que c'est la plus ancienne ville du monde. C'était une étape importante de la route de la soie. Quand on se promène dans la vieille ville, on est transporté mille ou deux mille ans en arrière, a part quelques poteaux électriques et une ou deux motos qui passent de temps en temps.

Les ruelles labyrinthiques cachent des maisons avec des cours intérieures qui ont autrefois été luxueuses. Certaines tombent en ruine mais ont le charme de la splendeur d'un passé déchu. J'ai adoré me perdre dans ces rues, monter sur les toits et imaginer par quel chemin le prince aurait grimper pour rejoindre la princesse. J'entendais la petite musique du jeu au detour des rues. C'est une des plus belles promenades que j'ai faite en Iran malgre la chaleur écrasante qui règne ici.





Les tours rectangulaires que vous apercevez sur les photos sont des 'bagdirs', wind towers en anglais. La ville de Yazd est connue pour ces bagdirs. C'est l'ancêtre de la clim. Un ingénieux système d'échange d'air chaud et d'air froid permettait de réguler la température des maisons. Vous vous doutez bien que je n'ai pas tout compris aux explications scientifiques, surtout avec mon guide improvisé qui ne parlait que le persan. Ce qui est sûr, c'est que quand on se met sous les tours, une brise fraiche s'en échappe. Miraculeux par cette chaleur accablante.






Regarder tous les toits, les balcons, les poteaux où le Prince peut s'accrocher pour trouver son chemin. Par contre, j'ai eu beau chercher, je n'ai pas trouvé la princesse.




In English:


For those of you who have spent hours on the 'Prince of Persia' video game, the city of Yazd is probably what inspired the game designers. On the pictures, check out for the roof tops, the ledges, the beams where the Prince can crawl or jump. This trip in the past has probably been one of my best experience in Iran, despite the scorching heat. Check out also for badgirs or wind towers (rectangular towers), these are the ancestors of air-con.

lundi 11 mai 2009

Pause Pipi

Voila un sujet sensible. Les toilettes. Pourtant, on y passe plusieurs fois par jour et ici, c'est parfois très rudimentaire. La plupart des toilettes en Iran ont la même configuration. Des toilettes 'turques', une douchette et une poubelle. Basta. Il n'y a presque jamais de papier toilette puisque je pense qu'on est sensé se servir de la douchette.






Personnellement, je n'ai pas tenté le coup. Il faut deja faire attention a ce que le foulard ne tombe pas au moment où on fait pipi, c'est assez difficile comme ca. Pour les futurs voyageurs, il y a donc une recommandation simple, avoir toujours du papier sur soi. La poubelle quant a elle sert a mettre le papier usagé. Les égouts iraniens ne sont pas concus pour éliminer beaucoup de papier et les toilettes se bouchent très vite. Et puis pour trouver les toilettes, pas besoin de lire le persan, il suffit de suivre les panneaux, que personnellement j'aime beaucoup.



















In English:
I cannot write a blog and not talk about toilets, because I need them so often !!! In Iran, it is quite rudimentary. A squat toilet, a mini shower and a bin. I haven't trided the shower yet because I already have problems concentrating on keeping my veil steady so it doesn't fall into the toilets! Only one advice for travellers, always have toilet paper on you.

dimanche 10 mai 2009

Les mosquées, un havre de paix

Souvent cachées au milieu des bazars, les mosquées iraniennes sont tres discrètes. Pas de minarets comme dans les pays arabes. Seules les très grandes mosquées ont des minarets. Ce qui est agréable quand on rentre dans les mosquées, c'est le calme qui y règne. En quelques secondes, on passe de l'activité intense du bazar à un monde de méditation et de calme.Contrairement a ce qu'on pourrait penser, les gens ici ne sont pas très assidus. L'appel à la prière n'empêche pas les gens de travailler. D'ailleurs, les appels sont tres discrets. A moins d'etre a deux pas de la mosquée, on ne les entend pas. Les jeunes que l'on a rencontrés ne sont pas vraiment religieux. Beaucoup de femmes portent le voile parce que c'est obligatoire, pas par conviction.In English

Hidden in the midst of the bazar, the mosques are peace haven, compared to the bustling activity of the city. In just a few seconds, you go from the havoc of the streets to the calm and tranquility of a mosque yard. Contrarily to what we often think, Iranian people are not very religious. Not many people go to the mosque and life goes on even at prayer times. The young people we have met are not religious at all and a lot of women wear the hejab because it is law, not because of their faith.

samedi 9 mai 2009

Oh, la belle bleue !

Place de l'Imam
Imam Square

Ispahan tient ses promesses. Après avoir quitte la laideur de Téhéran, Ispahan semble un havre de paix. Ce n'est pas tout a fait le cas non plus, car il y a beaucoup de monde, mais les mosquées merveilleuses sont bien la, toutes couvertes de mosaiques bleues.

Differents styles de motifs


Different mosaic styles


La vie semble plus cool ici, les gens se retrouvent pour pique-niquer dans les parcs. Il y a des touristes, étrangers mais surtout iraniens, qui déambulent en famille et prennent des photos. En général, c'est beaucoup moins 'speed' que Téhéran.


Le pont qui coupe la ville en deux permet de se rencontrer dans les petites alcoves.

The bridge that divides the city is a place to meet in the alcoves.

En tout cas, c'est réellement une ville qui vaut le detour, le voyage en Iran vaut rien que pour ca.

Je vous mets simplement quelques photos pour apprécier par vous mêmes.

In English:

Esfahan is truely the beautiful city described in the books and you can't be disappointed when coming here. The blues tiles on the mosques are really wonderful. The city has a nicer feel than Teheran, people are more 'chilled'. I really enjoyed walking around the city all day. The trip in Iran is worth it just for this city.




Mosquee de l'Imam

Mosquee Sheikh Lotfollah

Il n'y a pas que du bleu, il y a aussi du jaune.

Not only blue, but yellow as well.

vendredi 8 mai 2009

Une bonne bouffée de mercure

On se demande parfois pourquoi on se casse les pieds a trier nos déchets, a éteindre la lumiere en sortant de la pièce ou a faire du velo. On se le demande encore plus ici, quand on voit le degré de pollution des villes. L'air est irrespirable. Ca pique les yeux, ca gratte le nez et je vous passe les details des mouchoirs en fin de journee.

Park-e-Mellat a Teheran, a cause du smog, on distingue a peine les gigantesques montagnes qui surplombent la ville.
We can barely see the majestic mountains over Tehran because of the smog.

Le principal facteur de pollution, c'est la circulation intensive. Le parc de voiture est vieillissant et pas du tout économe en carburant. Les nombreux bus sont aussi responsables de cet air vicié.
Nous avons quitté Téhéran aujourd'hui pour Ispahan, en espérant trouver un peu d'air. Peine perdue. La ville est beaucoup plus jolie et beaucoup plus agréable mais l'atmosphère est toute aussi empoisonnée.
Ici, certaines personnes portent des masques, et ce n 'est pas a cause de la grippe porcine !


In English: The level of pollution in Iran is very high. The air is toxic and I have stinging eyes and a dry nose. This is due to the amount of old cars in cities and the many smoky buses. We traveled to Esfahan today thinking we would get some fresh air but it' s nearly as bad as Tehran, although the city is much nicer. People here are wearing masks but it's not because of swine flu!